
Dix-huit mois après avoir quitté un grand cabinet, une consultante en responsabilité sociétale des entreprises (RSE) fait ses comptes. Ses trois premiers clients venaient de son ancien réseau : un ancien collègue devenu directeur général, une fournisseuse rencontrée sur un projet, un ami d’ami. Ces missions se terminent. Son profil LinkedIn date de son départ, son site tient sur une page, et chaque matin elle se demande s’il faut « faire de la prospection », sans savoir par où commencer ni ce qu’elle a le droit de faire.
À quelques rues, le gérant d’une petite agence événementielle vit l’inverse : son agenda déborde de septembre à décembre, puis plus rien de janvier à mars, et un seul client représente un tiers de son chiffre d’affaires. Deux métiers, une même question : comment trouver des clients entreprises de façon régulière, sans dépendre du hasard du réseau.
Ce guide s’adresse aux consultants, freelances et petites sociétés de services aux entreprises : conseil en stratégie, ressources humaines, RSE, qualité, marketing, informatique, événementiel, formation. Nous prenons deux exemples tout du long, le conseil RSE et l’événementiel, parce qu’ils illustrent deux façons très différentes d’acheter. Les règles juridiques ont été vérifiées au 15 octobre 2026, et tous les chiffres de recherche viennent du planificateur de mots-clés Google Ads (moyenne mensuelle, France).
Comprendre comment vos clients vous cherchent
Un achat B2B n’est pas un achat de particulier
Quand une entreprise achète une prestation intellectuelle, quatre choses changent par rapport à un particulier.
- Plusieurs personnes décident. Dans une PME, le dirigeant décide souvent seul, mais il consulte son directeur financier ou son associé. Dans une entreprise plus grande, il y a celui qui a le besoin (le responsable RSE, la directrice de la communication), celui qui valide le budget, et parfois un service achats qui compare trois devis.
- Le cycle est long. Entre le premier échange et la signature, il se passe souvent plusieurs semaines, parfois plusieurs mois. Il faut donc un suivi, des relances, des contenus qui rassurent pendant ce temps.
- Le risque perçu est élevé. Un mauvais consultant fait perdre du temps, de l’argent et parfois la face devant un comité de direction. L’acheteur cherche des preuves : références, méthode, expertise visible.
- Le budget suit l’année. Beaucoup d’entreprises arbitrent leurs budgets à l’automne pour l’année suivante. Arriver au bon moment compte autant que le bon message.
Ils tapent leur problème, pas « consultant »
Regardez ce que tapent vraiment les entreprises, selon le planificateur de mots-clés Google Ads (France, moyenne mensuelle) :
| Recherche | Par mois | Coût par clic (haut de page) | Ce que cela révèle |
|---|---|---|---|
| team building | 14 800 | 1,37 à 4,11 € | Un besoin de souder une équipe |
| csrd | 12 100 | 0,50 à 4,04 € | Une réglementation qui inquiète |
| agence événementielle | 8 100 | 1,27 à 4,36 € | Un acheteur qui cherche un prestataire |
| bilan carbone | 5 400 | 0,90 à 6,33 € | Une demande d’information et de prestation |
| séminaire entreprise | 1 600 | 2,15 à 13,24 € | Un projet daté, avec budget |
| bilan carbone entreprise | 1 000 | 1,99 à 24,45 € | Un acheteur très qualifié |
| consultant rh | 720 | 0,78 à 3,19 € | Une recherche de prestataire |
| consultant rse | 480 | 0,97 à 3,11 € | Une recherche de prestataire |
| conseil rse | 260 | 1,06 à 2,97 € | Idem, plus rare |
Le constat est le même que pour tous les métiers : « bilan carbone » est cherché onze fois plus que « consultant rse », et « team building » presque deux fois plus que « agence événementielle ». L’acheteur part de son problème ou de son projet. Le coût par clic le confirme : jusqu’à 24,45 euros pour « bilan carbone entreprise », parce que les annonceurs savent qu’un clic sur cette recherche peut devenir une mission.
Autre enseignement : « marketing consultant » est tapé 4 400 fois par mois, mais l’intention est mêlée (des entreprises qui cherchent un prestataire, des personnes qui veulent devenir consultant, des offres d’emploi). Une requête large n’est pas forcément une bonne cible.
Le marché vous voit déjà sur les plateformes
« malt » est recherché 90 500 fois par mois, « plateforme freelance » 1 600 fois, « portage salarial » 14 800 fois. Les plateformes de mise en relation font partie du paysage. Elles peuvent apporter des premières missions, mais elles prennent une commission (consultez leurs conditions), vous mettent en comparaison directe sur le prix et ne vous laissent pas toujours la relation client. Nous les voyons comme un complément, pas comme une stratégie.
De l’autre côté, les consultants eux-mêmes cherchent : « prospection b2b » 390 recherches par mois, « trouver des clients freelance » 260, « trouver des clients b2b » 70. Vous n’êtes pas seul à vous poser la question.

Ville ou campagne : deux métiers différents
Pour un consultant, la distance compte moins que pour un artisan : une grande partie du travail se fait en visioconférence. Mais la confiance, elle, reste locale, surtout avec les PME. Et pour l’événementiel, le territoire est le produit lui-même.
Prenons « agence événementielle + ville » (Google Ads, France) et rapportons-le à la population municipale de chaque ville (INSEE, via geo.api.gouv.fr). Attention, ces recherches viennent de toute la France, pas seulement des habitants : c’est un ordre de grandeur de la demande vers chaque ville.
| Recherche | Par mois | Population de la ville | Recherches pour 10 000 habitants |
|---|---|---|---|
| agence événementielle paris | 5 400 | 2 103 778 | 25,7 |
| agence événementielle lyon | 1 300 | 519 127 | 25,0 |
| agence événementielle bordeaux | 390 | 267 991 | 14,6 |
Et la campagne a sa propre demande : « séminaire au vert » 320 recherches par mois (coût par clic jusqu’à 16,23 euros), « séminaire dordogne » 170. Pour une agence ou un lieu situé hors des métropoles, la campagne n’est pas un handicap : c’est l’argument.
Côté conseil, les recherches locales sont faibles : « consultant bordeaux » 40 par mois, « cabinet de conseil bordeaux » 90, « consultant rse bordeaux » quasiment aucune. On ne remplit pas un agenda de consultant avec des recherches « métier + ville ».
Ce que ça change concrètement
| Sujet | En métropole | En ville moyenne ou à la campagne |
|---|---|---|
| Concurrence | Grands cabinets, agences, centaines d’indépendants | Peu de spécialistes, vous êtes vite identifié |
| Ce qui fait la différence | Une spécialité étroite (un secteur, une norme, un format) | La confiance et la proximité, une offre plus large possible |
| Rôle de Google | Contenus experts sur les problèmes, pas sur « consultant + ville » | Fiche Google et pages locales utiles, faible volume |
| Réseaux | Nombreux, à choisir avec soin | Décisifs : CCI, club d’entreprises de la zone, experts-comptables, banquiers |
| Événementiel | Lieux, logistique, volume | Séminaires au vert, lieux atypiques, clientèle des métropoles voisines |
| Marchés publics | Disputés | Moins de candidats |
Le calendrier : quand faire quoi
Voici l’indice saisonnier (100 = moyenne de l’année) de plusieurs recherches, d’après les douze derniers mois de données Google Ads disponibles. C’est une tendance sur une année, pas une loi.
| Requête | Janv. | Févr. | Mars | Avr. | Mai | Juin | Juil. | Août | Sept. | Oct. | Nov. | Déc. |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| csrd | 126 | 103 | 103 | 84 | 84 | 84 | 56 | 38 | 84 | 154 | 154 | 126 |
| bilan carbone | 107 | 107 | 131 | 87 | 87 | 87 | 87 | 72 | 87 | 131 | 107 | 107 |
| séminaire entreprise | 96 | 114 | 173 | 96 | 114 | 114 | 96 | 53 | 78 | 114 | 78 | 78 |
| agence événementielle | 122 | 122 | 149 | 122 | 81 | 81 | 66 | 54 | 100 | 122 | 100 | 81 |
| team building | 104 | 70 | 128 | 70 | 85 | 128 | 70 | 57 | 128 | 128 | 128 | 104 |
| appel d’offre | 119 | 119 | 119 | 98 | 80 | 98 | 80 | 53 | 98 | 119 | 119 | 98 |
Pour le conseil RSE, la curiosité monte en octobre et novembre (« csrd » à 154), au moment où les entreprises préparent l’année et leurs rapports. Pour l’événementiel, les recherches de séminaires culminent en mars (173), pour des événements de juin ou de la rentrée, et le « team building » se cherche de septembre à novembre pour les événements de fin d’année. Les appels d’offres sont plus nombreux à chercher de janvier à mars et en octobre-novembre. Août est creux partout.
Votre calendrier commercial mois par mois
| Mois | Conseil (exemple RSE) | Événementiel |
|---|---|---|
| Septembre | Reprise des contacts, publications sur les sujets de la rentrée, rendez-vous avec les prescripteurs | Relance des clients pour les fêtes de fin d’année et les séminaires de printemps |
| Octobre et novembre | Période forte : propositions pour l’année suivante, conférences, e-mails personnalisés, Google Ads sur les requêtes qualifiées | Production des événements de fin d’année ; envoi de l’offre printemps aux clients |
| Décembre | Relances des propositions avant les arbitrages de budget | Bilan avec chaque client, demande de recommandation |
| Janvier à mars | Lancement des missions, réponse aux appels d’offres | Pic des demandes de séminaires (mars) : Google Ads, pages lieux et formats |
| Avril à juin | Contenus de fond (études, livre blanc), salons professionnels | Production des séminaires de juin ; prospection pour la rentrée |
| Juillet et août | Mise à jour du site, des références, préparation de la rentrée | Préparation des offres de fin d’année, mise à jour des photos |
Ce que vous avez le droit de faire
L’e-mail de prospection entre professionnels
Selon la CNIL (fiche « La prospection commerciale par courrier électronique », mise à jour le 10 juin 2026), vous pouvez écrire à un professionnel sur son adresse professionnelle sans son consentement préalable, si trois conditions sont réunies : le message est en rapport avec sa profession, la personne a été informée de l’utilisation de son adresse à des fins de prospection, et elle peut s’y opposer simplement. Chaque message doit identifier l’expéditeur et donner un moyen simple de refuser les suivants. Les adresses génériques (contact@, info@) ne sont pas soumises à ces règles de consentement et d’opposition, car elles désignent l’entreprise et non une personne.
Exemple : écrire à la responsable RSE d’une entreprise industrielle pour lui proposer un accompagnement sur son bilan carbone, oui. Écrire au même dirigeant pour lui vendre une prestation sans aucun rapport avec sa fonction, non. Notre guide de l’e-mail de prospection B2B détaille la méthode, les fichiers et la délivrabilité.
Le téléphone entre professionnels
L’obligation de consentement préalable entrée en vigueur le 11 août 2026 protège les consommateurs (article L223-1 du Code de la consommation). Appeler une entreprise pour son activité reste possible, sur le fondement de l’intérêt légitime selon la CNIL, à condition que la personne ait été informée et puisse s’opposer simplement. Détails dans notre article sur le démarchage téléphonique en 2026.
Attention aux très petites entreprises démarchées dans leurs locaux
Un point souvent ignoré des consultants qui vendent aux artisans, commerçants et TPE : l’article L221-3 du Code de la consommation étend une partie des protections des consommateurs aux contrats conclus hors établissement entre deux professionnels, lorsque l’objet du contrat n’entre pas dans le champ de l’activité principale du professionnel sollicité et que celui-ci emploie cinq salariés au plus. Concrètement, si vous faites signer une mission de conseil RSE à une boulangerie de trois salariés lors d’un rendez-vous dans sa boutique, les règles d’information précontractuelle et le droit de rétractation de quatorze jours peuvent s’appliquer. Prévoyez les mentions et le formulaire de rétractation, ou faites signer à distance après un délai de réflexion. Dans le doute, faites relire vos conditions par un juriste.
Les fichiers et les outils qui « trouvent les e-mails »
Les outils qui extraient des coordonnées depuis LinkedIn sont très recherchés (« lusha » 14 800 recherches par mois, « kaspr » 8 100). Prudence : le 5 décembre 2024, la CNIL a sanctionné la société KASPR de 240 000 euros, notamment pour avoir collecté les coordonnées d’utilisateurs de LinkedIn qui avaient choisi de restreindre leur visibilité, sans base légale, et pour des durées de conservation excessives et une information des personnes insuffisante. Si vous utilisez un fichier ou un outil, vous devez pouvoir dire d’où vient chaque contact, et l’informer dès le premier message. Les conditions d’utilisation de LinkedIn interdisent par ailleurs les robots, extensions et logiciels qui extraient des données ou automatisent l’activité, sous peine de restriction du compte. La méthode propre est dans notre guide pour prospecter sur LinkedIn.
Apporteurs d’affaires, références et marchés publics
- Apporteur d’affaires : entre entreprises, rémunérer une personne qui vous présente un client est permis ; un contrat écrit (mission, commission, durée) est vivement conseillé. Ce n’est pas le cas pour certaines professions réglementées (avocats, notaires, professions de santé, qui ont leurs propres règles). Voir notre article sur le contrat d’apporteur d’affaires.
- Références clients : beaucoup de contrats de conseil prévoient une clause de confidentialité. Demandez un accord écrit avant de citer un nom ou un logo, et ne publiez jamais de chiffres d’un client sans son accord.
- Marchés publics : un acheteur public peut aujourd’hui commander des fournitures ou des services d’une valeur inférieure à 60 000 euros hors taxes sans publicité ni mise en concurrence (article R2122-8 du Code de la commande publique, dans sa rédaction issue du décret n° 2025-1386 du 29 décembre 2025). Au-dessus, il publie un avis : « boamp », le bulletin officiel des annonces, est recherché 18 100 fois par mois.
- Professions réglementées : si vous êtes expert-comptable, avocat ou architecte, votre code de déontologie encadre votre communication et votre sollicitation. Vérifiez auprès de votre Ordre avant d’appliquer ce guide. Pour les avocats, voir notre guide pour trouver des clients quand on est avocat.
| Pratique | Statut | Source |
|---|---|---|
| E-mail à un professionnel, sujet lié à sa fonction, avec désinscription | Autorisé sans consentement préalable | CNIL |
| E-mail à une adresse générique (contact@) | Autorisé | CNIL |
| Appel à une entreprise pour son activité | Autorisé, avec droit d’opposition | CNIL |
| Appel ou e-mail à un particulier | Consentement préalable obligatoire | Code de la consommation L223-1 ; CPCE L34-5 |
| Contrat signé chez une TPE de 5 salariés au plus, hors de son activité principale | Droit de rétractation possible | Code de la consommation L221-3 |
| Extraire des coordonnées masquées sur LinkedIn | Interdit | CNIL, sanction KASPR ; conditions LinkedIn |
| Robots et extensions d’automatisation sur LinkedIn | Interdit par LinkedIn, risque de restriction du compte | Contrat d’utilisation LinkedIn, article 8.2 |
| Rémunérer un apporteur d’affaires | Autorisé avec contrat, sauf professions réglementées | Droit commun, codes de déontologie |
Internet, expliqué simplement et appliqué au conseil B2B
La fiche Google : secondaire pour un consultant, importante pour un lieu
La fiche d’établissement Google (Google Business Profile) s’affiche sur Google Maps et à droite des résultats. Pour un consultant qui travaille à distance, elle sert surtout à exister quand quelqu’un tape votre nom, et à recueillir des avis. Pour une agence événementielle ou un lieu de séminaire, elle est essentielle : photos des espaces, capacité, accès, avis. Remplissez-la complètement, avec la catégorie la plus précise, vos services et de vraies photos. Notre guide de la fiche Google Business Profile détaille la méthode. Les règles de Google interdisent d’acheter des avis ou de ne solliciter que les clients satisfaits.
Le site : vos problèmes clients, pas votre parcours
Le site d’un consultant raconte souvent son parcours. Celui qui vend raconte les problèmes de ses clients. Les pages qui rapportent :
- Une page par problème ou par prestation : « réaliser son premier bilan carbone dans une PME industrielle », « organiser un séminaire au vert de 30 personnes », avec la méthode, les étapes, la durée, ce que le client obtient, et une fourchette de prix si vous le pouvez.
- Une page par secteur si vous en servez plusieurs : l’acheteur veut sentir que vous connaissez son métier.
- Des études de cas anonymisées ou validées par le client : contexte, problème, démarche, résultat.
- Une page « qui sommes-nous » courte et incarnée, avec votre visage : en B2B, on achète une personne.
- Un contenu expert de fond : un guide, une étude, un livre blanc. « livre blanc » est recherché 3 600 fois par mois. Proposé en téléchargement contre une adresse professionnelle, il alimente votre fichier avec des contacts qui ont fait la démarche.
- Un blog qui répond aux questions précises de vos acheteurs. C’est par lui que l’on vous trouvera sur Google, et que les assistants d’intelligence artificielle vous citeront.
Référencement naturel, Google Ads et fiche Google : la différence
| Levier | Délai | Coût | Durée de l’effet | Pour qui | Quand |
|---|---|---|---|---|---|
| Fiche Google | Semaines | Gratuit | Tant qu’elle est entretenue | Lieux, agences avec locaux | Tout de suite |
| Référencement naturel | 3 à 12 mois | Temps de rédaction ou prestataire | Durable | Tous les consultants spécialisés | En continu, avant les saisons |
| Google Ads | Immédiat | Clics de 1 à 25 euros selon la requête | S’arrête avec le budget | Prestations avec demande forte et datée (séminaires, bilan carbone) | Aux pics : mars, octobre, novembre |
Google Ads est pertinent quand la recherche montre un besoin précis : « séminaire entreprise » (jusqu’à 13,24 euros le clic), « bilan carbone entreprise » (jusqu’à 24,45 euros). Il l’est beaucoup moins pour des requêtes vagues comme « consultant marketing ». Excluez les recherches d’emploi (« devenir consultant », « salaire », « stage ») dès le départ. Pour le long terme, le référencement naturel reste le levier le plus rentable d’un expert, parce que chaque contenu de fond travaille pendant des années.
Les réseaux sociaux : lesquels servent vraiment
- LinkedIn : le réseau principal du consultant. Publiez sur les problèmes de vos clients, avec des exemples concrets et votre point de vue. Les recherches « linkedin prospection » (720 par mois) et « sales navigator » (5 400) montrent que tout le monde y prospecte : la différence se fait sur la qualité.
- Instagram : utile pour l’événementiel (lieux, ambiances, coulisses), inutile pour la plupart des consultants.
- YouTube : intéressant pour un expert qui explique bien, en vidéos courtes sur des questions précises.
- Facebook et TikTok : rarement utiles pour vendre à des entreprises.
Les liens vers votre site
Pour un consultant, les liens qui comptent sont ceux de votre écosystème : articles invités dans la presse professionnelle de votre secteur, interventions relayées par une chambre de commerce, une fédération ou un cluster, page partenaires de vos confrères complémentaires, annuaires des réseaux dont vous êtes membre, podcasts où vous intervenez. Un lien d’un site sérieux de votre secteur vaut plus que cent annuaires génériques.
Hors internet : les canaux qui marchent pour un consultant
Votre réseau existant, travaillé avec méthode
C’est le premier canal de presque tous les consultants, et le plus mal exploité. Faites la liste de 100 personnes qui vous connaissent professionnellement : anciens collègues, anciens clients, fournisseurs, camarades de promotion. Classez-les en trois groupes : décideurs potentiels, prescripteurs potentiels, autres. Écrivez à chacun un message personnel (modèle plus bas) qui dit précisément ce que vous faites et pour qui. Recommencez tous les six mois avec une nouvelle (une étude, un cas, un événement).
Les prescripteurs propres à votre métier
- Conseil RSE : experts-comptables et commissaires aux comptes (ils voient arriver les obligations de reporting), banquiers d’entreprise, chambres de commerce, fédérations professionnelles, cabinets d’avocats en droit de l’environnement, bureaux d’études.
- Événementiel : lieux de réception et hôtels (qui reçoivent des demandes sans pouvoir tout produire), traiteurs, offices de tourisme et bureaux des congrès, comités sociaux et économiques, assistantes de direction.
- Conseil en ressources humaines : experts-comptables, cabinets de recrutement, organismes de formation, avocats en droit du travail.
Pas à pas : choisissez dix prescripteurs, rencontrez-les un par un, expliquez-leur en deux phrases le client idéal que vous pouvez aider, et revenez vers eux avec un service rendu (un client que vous leur envoyez, une information utile). La recommandation vient quand la relation est réciproque. Délai : trois à douze mois. Coût : du temps.
Conférences, ateliers et prises de parole
C’est le canal le plus efficace pour un expert. Une intervention de 30 minutes devant cinquante dirigeants vaut des centaines d’e-mails. Proposez un sujet utile et concret aux chambres de commerce, aux clubs d’entreprises, aux fédérations, aux salons de votre secteur. Pour un consultant RSE : « Bilan carbone : ce qu’une PME de 50 salariés peut faire en trois mois ». Pour une agence événementielle : « Réussir un séminaire de cohésion sans exploser le budget ». Terminez par une ressource à télécharger ou à recevoir, pas par une offre commerciale.
Réseaux d’affaires et clubs
BNI, Dynabuy, clubs de dirigeants, associations professionnelles : utiles si les autres membres côtoient vos acheteurs. Pour un consultant qui vend à des grands comptes, un réseau de TPE locales apporte peu ; pour un consultant qui vend aux PME de sa région, c’est souvent excellent. Comparatif dans notre article sur les réseaux d’affaires.
Appels d’offres
Les marchés publics et les consultations privées des grandes entreprises sont un canal à part entière. Inscrivez-vous aux alertes gratuites du BOAMP et des plateformes des acheteurs de votre région. Commencez par les petits marchés, où une offre claire et des références locales suffisent. En groupement avec d’autres indépendants, vous pouvez viser plus gros. Coût : plusieurs jours de rédaction par dossier. Délai : plusieurs mois.
Salons, print et parrainage
Un salon professionnel est utile si vos acheteurs y vont réellement, et si vous préparez vos rendez-vous à l’avance. La plaquette imprimée garde une utilité en rendez-vous : premier jet avec ChatGPT ou Canva, puis un graphiste pour un rendu professionnel ; avec les grands comptes, la conformité (mentions, droits des images, logos clients autorisés) passe avant le rendu. Enfin, demandez systématiquement à vos clients satisfaits, à la fin d’une mission, deux noms de personnes qui pourraient avoir le même besoin.
E-mail et SMS : quand c’est utile, quand c’est une erreur
L’e-mail personnalisé est le meilleur outil de prospection d’un consultant, à condition d’être envoyé à des personnes choisies, sur un sujet lié à leur fonction, avec une vraie raison de les contacter. Dix e-mails préparés valent mieux que mille envois automatiques : les messageries filtrent de plus en plus les envois en masse, et un domaine signalé comme indésirable pénalise aussi vos e-mails clients.
La lettre d’information à vos contacts qui l’ont acceptée, une fois par mois au plus, avec un contenu utile (une analyse, un cas, une date clé), entretient la relation pendant les cycles longs.
Le SMS est à réserver à vos clients et contacts réguliers, pour un rappel de rendez-vous ou d’événement. En prospection, il est intrusif et, vers un particulier, il exige un consentement préalable.
Modèles prêts à copier
1. Message à votre réseau existant
Bonjour [Prénom],
Cela fait [durée] que j’ai lancé mon activité de conseil, et je voulais te dire précisément ce que je fais : j’aide les PME industrielles de 50 à 250 salariés à réaliser leur premier bilan carbone et à en tirer un plan d’action réaliste, en trois mois.
Si tu croises un dirigeant ou une responsable qualité qui se pose la question, je serais ravie que tu nous mettes en relation. Et si je peux t’être utile de mon côté, dis-le-moi.
À bientôt, [Prénom]
2. E-mail de prospection à un décideur
Objet : Votre bilan carbone, en trois mois
Bonjour Madame [Nom],
J’ai vu sur [source précise : votre rapport annuel, l’article de la presse régionale] que [entreprise] engage une démarche de réduction de ses émissions.
J’accompagne des PME industrielles de votre taille sur leur premier bilan carbone, avec un plan d’action chiffré à la clé. La principale difficulté que je rencontre : la collecte des données fournisseurs. J’ai rédigé une méthode en dix étapes à ce sujet, je peux vous l’envoyer.
Seriez-vous ouverte à un échange de vingt minutes [jour] ou [jour] ?
[Prénom Nom], [fonction], [téléphone]
Vous recevez ce message en raison de votre fonction. Pour ne plus être contactée : [lien]. Votre adresse provient de [source].
3. Message à un prescripteur (événementiel)
Bonjour [Prénom],
Je dirige [agence], spécialisée dans les séminaires de 20 à 80 personnes dans la région. Vous recevez sûrement des demandes d’entreprises qui veulent un séminaire « clés en main » alors que vous proposez surtout le lieu.
Je vous propose de travailler ensemble : vous gardez la relation et la réservation de vos espaces, nous prenons en charge le programme, les animations et la logistique. Un café la semaine prochaine pour en parler ?
[Prénom Nom]
4. Pitch de 60 secondes
« Je m’appelle [prénom], je suis consultante en RSE. J’aide les PME industrielles qui n’ont pas de service développement durable à faire leur premier bilan carbone et à en tirer un plan d’action qui fait aussi baisser leurs coûts d’énergie. Le problème que je vois le plus souvent : un dirigeant à qui un grand client demande des chiffres d’émissions, et qui ne sait pas par où commencer. En trois mois, nous produisons le bilan, le plan et un document à remettre à ses clients. Si vous connaissez un dirigeant à qui l’on vient de demander son bilan carbone, présentez-moi. »
5. Relance après une proposition
Bonjour Monsieur [Nom],
Je reviens vers vous au sujet de notre proposition du [date]. Pour vous aider à la présenter en comité, je vous joins une page de synthèse : objectifs, calendrier, budget, ce que vous obtenez à chaque étape.
Y a-t-il une question à laquelle je n’ai pas répondu, ou une personne à qui je devrais la présenter ?
Cordialement, [Prénom Nom]
6. Demande de recommandation en fin de mission
Bonjour [Prénom],
Merci encore pour cette mission. Une question simple : à qui, dans votre réseau, ce travail pourrait-il être utile ? Si deux noms vous viennent, je vous propose de leur écrire en votre nom, avec votre accord, ou de vous laisser faire l’introduction.
Et si vous êtes d’accord, quelques lignes sur notre collaboration m’aideraient beaucoup.
[Prénom]
Tableau récapitulatif des canaux
| Canal | Coût | Délai | Effort | Métropole | Ville moyenne, campagne |
|---|---|---|---|---|---|
| Réseau existant | Gratuit | Semaines | Moyen | Indispensable | Indispensable |
| Prescripteurs | Temps | 3 à 12 mois | Moyen | Utile | Décisif |
| Conférences et ateliers | Faible | 1 à 6 mois | Élevé | Très utile | Très utile |
| LinkedIn (publications et messages) | Gratuit à modéré | 3 à 6 mois | Régulier | Indispensable | Utile |
| E-mail personnalisé | Faible | 1 à 3 mois | Moyen | Utile | Utile |
| Site et contenus experts | Moyen | 3 à 12 mois | Moyen | Indispensable | Utile |
| Google Ads | Clics de 1 à 25 euros | Immédiat | Moyen | Pour les demandes datées | Pour les lieux et séminaires |
| Plateformes freelance | Commission | Semaines | Faible | Complément | Complément |
| Réseaux d’affaires | Cotisation et temps | 3 à 12 mois | Élevé | Selon la cible | Souvent excellent |
| Appels d’offres | Temps de rédaction | 3 à 9 mois | Élevé | Concurrence forte | Moins de candidats |
Les erreurs qui coûtent cher
- Prospecter seulement quand l’agenda est vide : le cycle de vente est de plusieurs mois, vous aurez trois mois de creux.
- Dépendre d’un seul client qui pèse plus d’un tiers du chiffre d’affaires.
- Un positionnement trop large (« conseil aux entreprises ») : personne ne vous recommande, faute de savoir pour qui vous travaillez.
- Acheter un fichier ou un outil d’extraction sans savoir d’où viennent les contacts : risque de sanction CNIL et domaine d’envoi grillé.
- Automatiser LinkedIn avec une extension : compte restreint, et image de robot auprès des décideurs.
- Citer un client sans son accord écrit, alors que votre contrat contient une clause de confidentialité.
- Faire signer une TPE dans ses locaux sans prévoir le droit de rétractation de l’article L221-3.
- Payer Google Ads sur des requêtes vagues qui attirent des candidats et des étudiants.
Plan d’action 90 jours
Semaine 1
- Écrivez en une phrase pour qui vous travaillez et quel problème vous réglez.
- Mettez à jour votre profil LinkedIn avec cette phrase en titre.
- Listez 100 personnes de votre réseau et classez-les.
- Vérifiez l’origine de chaque contact de votre fichier ; supprimez ce que vous ne pouvez pas justifier.
Mois 1
- Envoyez le message réseau aux 100 personnes, par vagues de 20.
- Rencontrez cinq prescripteurs.
- Publiez sur LinkedIn une fois par semaine sur un problème de vos clients.
- Réécrivez votre site : une page par problème ou prestation, une étude de cas.
Mois 3
- Donnez une première conférence ou un atelier avec un partenaire.
- Publiez un contenu de fond (guide, étude) à télécharger.
- Lancez une séquence d’e-mails personnalisés vers 50 décideurs bien choisis.
- Si votre métier a une demande datée, testez Google Ads au prochain pic, avec mots-clés exclus et suivi des demandes.
- Mesurez d’où viennent vos rendez-vous et vos signatures, et doublez ce qui marche.
Questions fréquentes
A-t-on le droit d’envoyer un e-mail de prospection à une entreprise sans son accord ?
Oui, à une adresse professionnelle, si le message est en rapport avec la fonction de la personne, qu’elle a été informée de l’utilisation de son adresse et qu’elle peut refuser simplement, selon la CNIL. Chaque message doit identifier l’expéditeur et contenir un lien de désinscription.
Les plateformes freelance suffisent-elles pour trouver des clients ?
Elles peuvent apporter les premières missions, mais elles prennent une commission, vous mettent en concurrence sur le prix et ne vous laissent pas toujours la relation. Nous conseillons de les utiliser en complément du réseau, des prescripteurs et des contenus.
Faut-il faire de la publicité Google quand on est consultant ?
Seulement si vos clients cherchent un besoin précis et daté, comme un séminaire ou un bilan carbone. Pour des prestations de conseil plus larges, les contenus experts et LinkedIn sont plus rentables.
Quand prospecter les entreprises ?
En continu, mais avec deux temps forts : septembre à novembre, quand les budgets de l’année suivante se décident, et janvier à mars. Les recherches de séminaires culminent en mars.
Peut-on utiliser des outils pour trouver les e-mails des décideurs ?
Avec prudence. Vous devez connaître la source de chaque contact et l’informer dès le premier message. La CNIL a sanctionné en 2024 un outil qui collectait des coordonnées masquées sur LinkedIn, et LinkedIn interdit les extensions qui extraient ses données.
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Sources
- CNIL : la prospection commerciale par courrier électronique (mise à jour 10/06/2026)
- CNIL : prospection commerciale par téléphone, quelles sont les règles ?
- CNIL : aspiration de données, sanction de 240 000 euros à l’encontre de la société KASPR (05/12/2024)
- LinkedIn : Contrat d’utilisation (article 8.2), en vigueur au 3 novembre 2025
- LinkedIn Aide : logiciels et extensions interdits
- Légifrance : Code de la consommation, articles L221-3 et L223-1
- Code de la commande publique, article R2122-8 (version consolidée, codes.droit.org) ; Marche-public.fr : réforme 2026, nouveaux seuils
- API Découpage administratif (populations municipales INSEE), geo.api.gouv.fr
- Google Ads, planificateur de mots-clés (France, moyenne mensuelle et historique 12 mois), consulté le 15/10/2026
- CNIL : la prospection commerciale par SMS et MMS
- Google Maps : règlement concernant les contenus ajoutés par les utilisateurs (avis)