
Question posée à chaque premier appel, réponse toujours frustrante : « ça
dépend ». Alors soyons plus utiles que ça. Voici les fourchettes réelles du marché français,
les 6 curseurs qui font varier la facture, les coûts cachés que les devis oublient — et pourquoi
70 % des projets dépassent leur budget initial (et comment ne pas en être).
Nous ne publions pas nos propres tarifs : chaque projet se chiffre après un vrai cadrage. Mais
vous saurez exactement dans quelle gamme vous jouez, et comment lire un devis.
Les fourchettes du marché, sans langue de bois
| Type de projet | Fourchette marché | Exemples |
|---|---|---|
| MVP / première version | 5 000 – 15 000 € | Une fonctionnalité cœur, un type d’utilisateur, le strict nécessaire pour valider l’usage |
| Application métier simple | 15 000 – 40 000 € | Outil interne : gestion d’interventions, portail client, remplacement d’un Excel critique |
| Application complète | 40 000 – 80 000 € | Plusieurs rôles, intégrations ERP/CRM, application mobile publiée sur les stores |
| Produit ambitieux | 80 000 – 150 000 € et + | Multi-plateformes, forte volumétrie, temps réel, exigences de sécurité élevées |
Sous ces montants, le marché existe aussi : solutions no-code (quelques dizaines à quelques
centaines d’euros par mois) — on a dit honnêtement
ce qu’elles valent et où elles
s’arrêtent. Au-dessus, on parle de produits logiciels avec équipe dédiée, hors du périmètre de
cet article.
D’où viennent ces écarts : la mécanique du chiffrage
Un devis de développement, c’est fondamentalement des jours de travail multipliés par un
taux journalier. Les deux termes varient :
- →Le taux journalier (TJM) : sur Malt, les développeurs français facturent entre 350 et 700 €/jour selon l’expérience et la spécialité. Une agence ajoute 30 à 50 % — qui paient la gestion de projet, le design, la revue de code et la continuité (l’agence ne part pas en congé sabbatique au milieu de votre projet).
- →Le nombre de jours : c’est là que tout se joue. Un « simple » formulaire = 1 jour. Le même formulaire avec reprise de données, gestion des droits, mode hors-ligne et export comptable = 8 jours. D’où l’importance vitale du périmètre écrit — on y consacre un article entier.
- →Les plateformes : une application web responsive couvre déjà tous les écrans. Ajouter des applications natives iOS + Android peut presque doubler la mise — c’est pourquoi nous orientons souvent vers une web app (PWA) en première version : même service, une seule base de code.
Les coûts que les devis oublient (et pas nous)
- La maintenance : 15 à 20 % du coût initial PAR AN. C’est la norme du secteur, pas une option : mises à jour de sécurité, compatibilité des systèmes (iOS et Android évoluent chaque année), correctifs, petites évolutions. Une application à 40 000 € coûte 6 000 à 8 000 €/an à maintenir en vie. Tout devis qui n’en parle pas vous prépare une surprise.
- L’hébergement et les services tiers : serveurs, envoi d’e-mails/SMS, cartographie, paiement (commissions), comptes développeur Apple (99 $/an) et Google (25 $ une fois). De quelques dizaines à quelques centaines d’euros par mois selon l’usage.
- La reprise de données : migrer l’existant (l’Excel historique, l’ancien logiciel) est un mini-projet en soi, presque toujours sous-estimé.
- Vos propres heures : ateliers de cadrage, tests, retours. Un projet d’application demande au client 2 à 4 heures par semaine. Ce n’est pas un coût facturé, c’est un coût réel.
Pourquoi 70 % des projets dépassent le budget (et comment ne pas en être)

Le chiffre est constant dans les études du secteur : environ 70 % des projets
logiciels dépassent budget ou délais, et selon Clutch, 43 % des dépassements
viennent des ajouts en cours de route — le fameux « tant qu’on y est ». Notre
retour de terrain confirme, et la parade tient en trois disciplines :
- →Commencer par un MVP : une première version resserrée sur LE problème principal, en production en 2-3 mois. Chaque euro suivant est ensuite investi sur la base d’usages réels, pas d’hypothèses. C’est l’étape 3 de notre méthode en 6 étapes.
- →Un périmètre écrit et arbitré : ce qui est dans la V1, ce qui est explicitement reporté. Les idées en cours de route ne sont pas rejetées — elles rejoignent la liste de la V2, chiffrées séparément.
- →Des jalons courts avec des livraisons visibles : toutes les 2-3 semaines, quelque chose se teste. Le dérapage se voit à la semaine 4, pas au mois 8.
Le signal d’alarme en lisant un devis : un forfait global sans décomposition par fonctionnalité, pas de mention de la maintenance, et la propriété du code passée sous silence. Sur ce dernier point, soyez intraitable : le code doit VOUS appartenir, sinon vous êtes locataire de votre propre outil — c’est un point contractuel, pas technique.
Dernier repère : les délais. Comptez 3 à 9 mois entre le premier atelier et
la mise en production selon l’ampleur — un MVP sérieux sort en 2-3 mois. Méfiez-vous des promesses
en semaines pour un projet sur mesure : soit le périmètre a été mal compris, soit il fondra en
route.
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Sources : baromètres TJM Malt (développeurs France : 350-700 €/jour) ;
études Clutch / GoodFirms (coûts de développement, 43 % des dépassements liés aux ajouts de
périmètre) ; études sectorielles sur les dépassements de projets logiciels (~70 %) ;
norme de maintenance applicative (15-20 %/an) ; chiffrages et retours de projets
EVICO.